NEWS JUIN - JUILLET - AOÛT 2019

COUCOU VOILÀ LA « CURCU BEER » !

« A votre santé ! » est une formule ancestrale au moment de trinquer ensemble une boisson. Dorénavant, cette expression prendra plus de sens encore, grâce à une nouvelle bière et 2 versions « Curcu Beer Bio » (6,5%) et la « Curcu Max Bio » (8%). L’idée de conception de cette bière, émane de Joseph Gottal, CEO d’une société de recherche de molécules anticancéreuses qui un jour rencontra l’un des plus fins maîtres brasseurs de Belgique, Bruno Deghorain à la brasserie La Binchoise, et un financier, Alexis de Limburg Stirum. Le curcuma longa est une épice qui jouit d’une excellente réputation notamment en matière de santé. Il y a peu encore, on évoquait ses qualités au conditionnel, tandis qu’aujourd’hui, elle s’établit carrément indispensable dans les soins du foie et du cœur. Ses propriétés anti-inflammatoires, antioxydants, anticancéreuses et anti-infectieuses ont outre ses qualités gustatives exceptionnelles, fait renaître auprès des personnes beaucoup d’espoir préventif. Les 2 versions présentent bien sûr les qualités spécifiques à la bière. Elles sont très actives présentant un perlé très généreux, un manteau de mousse très dense régénérée jusqu’à l’ultime gorgée.

La « Curcu Beer », blonde étincelante, possède un nez puissant sans toutefois être sévère. Elle s’aborde docilement et en confiance, surtout lorsqu’elle est servie à température de cave entre 5 et 8°C. Dès son introduction elle s’enquière à répandre ses principaux atouts comme ses malts, avec une sensation de la mie de pain blanc et ses levures, mais ne mettant pas en évidence la présence du curcuma ni le poivre noir. Ces 2 derniers assureront l’essentiel dans sa conclusion et surtout à la digestion. Son amertume répond présent en fond de bouche de façon très élégantes, et justifie quand même ses droits au houblon (⁺⁻ 20 EBU) tout au long de sa dégustation. Elle se présente ainsi comme une très bonne bière à la fois ronde et caractérielle par ses propriétés ajoutées grâce à ses ingrédients uniques. En raison de son degré d’alcool très raisonnable, elle s’autorise cependant à une ou deux dégustations mais tout en veillant toujours au dicton qu’ « une bière brassée avec savoir, se déguste avec sagesse ».

La « Curcu Max Bio » (8%) a certes des apparentées proches avec sa consœur de brassin, cependant outre les bases de curcuma et de poivre noir, elle présente une robe plus cuivrée tandis que le perlé est tout aussi généreux lui procurant une élégance hors pair. Et pourtant, nous avons l’impression d’avoir à faire à une toute autre bière. Déjà le nez est plus puissant laissant apparaître le curcuma de façon plus dense sans sous estimer l’amertume. Le rôle des 2 épices présentes, avec le poivre noir, relève le ton plus piquant et moins malt bien que le fond de langue ralenti cette impression pour laisser passer une douceur étrange rappelant presque le pain d’épices. Elle s’avère instantanément plus appétissante grâce à la multiplicité des tendances gustatives. Du coup elle se définit autrement et peut se qualifier de complexe, mettant tous ses ingrédients sur un pied d’égalité la rendant plus exclusive, notamment par ses longueurs utiles permettant aussi l’émancipation du curcuma et du poivre noir. Je la définirais plus exactement comme une sorte de bière au caractère de félin qui quand elle vous prend, ne vous lâche plus et ce pour le plus grand bien de votre santé.

Joseph, Bruno et Alexis forme un trio où chacun s’y retrouve pour vous offrir une bière, la première sur base de curcuma longa au monde et pour la vie comme l’avoue son slogan voué à l’exportation : « CURCU, A LIFE IN A DRINK » ! And in a bio style.

A la bonne vôtre !

www.curcubeer.be


BUD BRASSÉE DORÉNAVANT PAR STELLA ARTOIS POUR LE MARCHÉ FRANÇAIS.

Dès maintenant, la brasserie AB Inbev à Louvain brassera la BUD pour le marché français. Les responsables d’INBEV sont très fiers de cette décision, les récompensant ainsi de leurs compétences et de la qualité du produit. Rappelons que la Budweiser était par excellence très appréciée sur le territoire américain. La bière BUD y a été introduite en 1976. Son fondateur Adolphus Busch (l’un des fondateurs d’Anheuser-Busch) voulait brasser une vraie bière américaine. Chaque BUD est fidèle à la recette familiale selon laquelle elle a été brassée depuis 5 générations de maîtres-brasseurs de la famille Busch. Elle s’est bien vite popularisée auprès d’un large public car elle se consommait à la bouteille. Elle fut entre autres aussi la boisson de chevet dans de nombreux films de Clint Eastwood, pour qui la bière est sa boisson de prédilection. Elle fut aussi popularisée grâce au monde hippie et notamment avec le film « Easy Rider » (1969) de Denis Hopper dans lequel, elle ne porte pas encore son nom Budweiser.

La BUD a beaucoup évolué avec le temps et notamment dans son concept de dégustation. Elle est filtrée et se boit tant à la bouteille qu’en verre. Comme bière de fermentation basse, elle se déguste très facilement, offrant une légère amertume, et ne présentant qu’un faible degré d’alcool (5%). Elle se présente dorénavant dans des bouteilles de 30 cl mais versée en verres de 25cl afin de lui assurer une mousse onctueuse et tenace. La BUD restera l’une des bières à caractère ancestral grâce à son ancienne méthode de « kraeusening » c’est-à-dire pour une carbonatation naturelle et le vieillissement Beechwood’s qui lui apportent l’identité gustative inégalée jusque-là.


« LA PATINETTE » PREMIER PASTIS DISTILLÉ À LA BIÈRE BELGE !

Connue pour son Picon, le premier en Belgique, la distillerie Amer-Gervin de la famille Stiévenart continue les primeurs. En effet, Vincent digne fils de son papa, vient de présenter un premier pastis 100% belge mais distillé sur base de bière belge. Baptisé « La Patinette », un coup très spécifique en matière des jeux de boules, qui consiste à chasser une boule du cochonnet lors d’une pétanque. La bille chasseuse quant à elle continue à tourner sur elle-même. Le résultat de cette distillation est stupéfiant et incroyablement réussi. Fort de ses 45° C, on imagine bien sûr certains relents de la bière (« Bush blonde »), si ce n’est que les vapeurs de ce pastis, restent 100% ceux d’une ale utilisée pour celui-ci. Hormis la saveur typique de cet apéritif traditionnel de Provence, il se distingue par une robe moins jaunâtre que la version provençale et avec un léger arrière-ton de noisette. Pour ma part, il est nettement plus savoureux que le pastis original, avec un ton d’anis mieux équilibré et voué à un très bel avenir.


MEILLEURES PILS DE BELGIQUE ?

En avril dernier, l’IWD école d’œnologie bruxelloise Inter Wine & Dine organisait un concours chargé de déterminer la meilleure pils de Belgique. Le résultat des 22 bières inscrites m’a cependant quelque peu étonné principalement par l’origine des productions présentées. Tout d’abord, certaines pils étaient avancées par des grandes surfaces, qui ne sont pas des brasseurs et donc font appel à des productions de basse fermentation ou des bières à façon. Par exemple parmi les bières pils sont citées l’Excel bière des magasins Carrefour, la Carapils de chez Colruyt, la Buval de chez Aldi, la Delhaize 365 de Delhaize, la Perlenbacher de chez Lidl, la Kaiser de chez Carrefour bref des produits non brassés en site propre. D’autre part, certaines d’entre elles ne sont pas belges d’origine comme Carlsberg pour la marque premium Carlsberg Group, idem pour Heineken pour la marque « Premium Heineken » soit 12 bières sur les 22 pils présentées qui ne sont pas des pils brassées sur les lieux de leur appellation. Ce qui m’a étonné également, ce sont les scores étonnement bas pour des marques accréditées toutefois d’un marketing très puissant (Jupiler, Stella Artois, Cristal Alken, Vedett ou Maes). Enfin et tant mieux pour ces producteurs, des petites marques ont enlevé avec les plus grands honneurs comme pour la Légia de Liège médaille d’or, la Polarius de Belgo Sapiens, la Silly Bio pour la brasserie de Silly, la Simcoe Lager de la brasserie Sainte-Hélène ou encore la Ginette (dorénavant auprès du porte folio d’Inbev).

Ces résultats m’interpellent car il y a bien d’autres producteurs de pils (fermentation basse) comme Romy Pils, Bavik Pils, Wieze, ….

Cette belle initiative est bien belle mais demande certes à être revue avec des conditions nettement plus strictes.

 


L'ABBAYE DE ROCHEFORT AGACÉE.

Les moines de Rochefort, malgré leurs nombreuses poursuites et leur opposant à la société Lhoist, opérateur de carrières annexe à l'abbaye de Notre-Dame de Saint-Rémy de Rochefort, libération pourvoi et référé devant le tribunal de première instance rapport de marché en fin de mois de juin, afin de suspendre les intentions de la société industrielle voisine, le rôle de la pierre adjacente à la source de l'abbaye. Dans sa décision, le tribunal marchois déclare la demande des moines non fondées. Jugement évoque notamment les conditions très strictes pour la délivrance du permis, ainsi que la limitation des pompages dans la source La Tridaine. Les moines se mon très inquiet tout autant que les inconditionnels des bières la référence des moines cisterciens. Rappelons que l'abbaye produit la Rochefort 6, Rochefort 8 et Rochefort 10 et qu'une nouvelle salle de brassage pourrait produire 80 000 hectolitres ont été bâtis. La source de La Tridaine permet de choisir la bière si elle est privée des bières de Rochefort. Hélas, une fois de plus, ne peut que constater le laxisme de notre pays et de ses élus, peu fiers des traditions ancestrales, plutôt que d'être traités par des intérêts financiers peu importe le patrimoine national!

 


A CHIMAY TOUT BAIGNE.

Restons dans le domaine des bières cisterciennes, puisque Chimay a le vent en poupe afin de satisfaire une demande de plus en plus prononcée pour leur production. En effet, la brasserie de l’Abbaye de Scourmont à Chimay, vient d’investir 17 millions d’Euros dans une nouvelle salle d’embouteillage. Elle aura une capacité de 55.000 bouteilles (de 33 cl) par heure, contre 40.000 auparavant. Cette dernière a été revendue en Pologne. Remarquons aussi que par respect de l’environnement et la quiétude des lieux de prières, les nouvelles installations de 4.000 m2 se trouvent à quelques kilomètres de l’abbaye et sont munies de 1200 panneaux solaires lui permettant une autonomie permanente de ses besoins en électricité. La bière n’en sera que meilleure encore et sans risque de pénurie dans sa production.


BRASSERIE VAL DE DENDRE UNE CARTE D’INCROYABLES PURS DÉLICES !

Cette très jeune microbrasserie de la région de Lessines dans le Hainaut Picard sise sur la frontière linguistique Wallonie/Flandre, se démarque très vite des autres à la fois par la qualité de ses productions offrant ainsi maintes originalités à sa carte. Située aux abords de la vallée des camomilles le long de la Dendre, on aurait pu s’attendre à une bière assemblant des épices locales. En fait non. Sa première production s’accouplait à Maître Champagne et fut baptisée « Brute » car mûrie dans des fûts ayant eu comme locataire précédent le célèbre pétillant. Le résultat de cette première fut une véritable explosion de bouchon, épatant tout le monde. Ce succès (in)attendu, allait en appeler d’autres comme la Brute « Millésime » fidèle au concept précédent, mais cette fois trouvant ses partenaires dans du jus de raisin vendangé fraîchement à Nuit Saint Georges en Bourgogne. Mais surtout, il fallait souligner cette fois que cette production était sa première bière mûrie « at home » puisqu’entre le « Brute » et la « Brute Millésime » (9,5%), François en compagnie de son papa, ancien journaliste et rédacteur en chef d’un quotidien très connu dans le Tournaisis et le Hainaut Picard, avaient terminé la construction de sa microbrasserie dans la fermette familiale. Enfin un regard conforté pouvait être tourné vers l’avenir. Il s’en suivit 2 nouveau-nés, la « Pure Blonde » (5,9%) ainsi que la même version typée « triple » (8,7%). Pour terminer (provisoirement) cette débordante inspiration, voici aujourd’hui en ce mois de juin et veille d’été, une grandiose bière qui devrait honorer toute table extérieure digne d’un bel été, la « PUREGNAC » (9,5%) embouteillée dans sa bouteille dont la forme rappelle précisément l’origine de son célèbre spiritueux collaborateur pour sa fermentation, le Cognac. Afin d’arriver à maturité, la bière blonde de haute fermentation passera plus de 192 jours en fûts de chêne ayant la maturation d’un Cognac dont l’identité pour l’instant est encore gardée en coulisses. Dès l’ouverture de sa typique bouteille, muselée et bouchée, elle délivre son premier cri par un « plops » très caractéristique. Libérée de sa tutelle de fermentation, elle chatouille tout de suite un exaltant arôme pénétrant à la fois jusqu’au sinus comme au gosier. Une introduction très prononcée donc, qui continue son processus de charme tout au long des phases de dégustation jusqu’en conclusion. Vous serez ainsi tout à fait conquis. Cette bière est plus qu’un grand cru, il s’agit d’une maîtresse très savoureuse qui vous épatera à chaque gorgée. Elle vous gratifie ainsi de sa plus belle élégance durant toute sa phase de bouche et même bien après. La douceur de ses maltes, une amertume de houblons caractéristiques et ce discret parfum de Cognac, garantissent un merveilleux moment. Cette bière est bien plus qu’une « oak age », elle est tout simplement la définition de la richesse savoureuse que peut prendre la bière quand on la brasse ou on l’embrasse avec passion !

 

 

Christian DEGLAS.