OKTOBERFEST, OCTOBRE THE BEST !

« OKTOBERFEST, OCTOBRE THE BEST ! »

L’avant dernier de l’année est depuis des lustres de symbole de la récolte des fleurs femelles du houblon. La région flamande de Poperinge dans la partie Nord Ouest de la Belgique, est à se moment-là en pleine effervescence, car il s’agit d’aller vite afin de cueillir l’apothéose que nous offre les plants géants des pieds de houblons jonchés le long d’espèces de poteaux télégraphiques. En effet, plantés un peu avant l’hiver, le houblon a besoin de neuf mois, comme durant les grossesses des femmes, pour atteindre leur stade de maturité dès septembre. Cette plante de la catégorie des « Cannabinacées » comprend 2 types : le « cumulus Lucullus » (plante de loup) et le chanvre (communément appelé aussi le cannabis). Certaines propriétés sont semblables à chacun comme la sensation de détente, mais le houblon possède toutefois des tâches plus spécifiques comme antiseptique, une particularité que les moines avaient découvert afin de purifier l’eau devenue non potable lors des grandes épidémies de peste et choléra au Moyen-âge.
Son autre particularité est la lupuline qui présente uniquement auprès des plants femelles. Il s’agit d’une sorte de pollen qui additionnée au brassage, apporte cette saveur amère. Celle-ci diffère selon les types de houblons utilisés.
A la fin de la période de cueillette il est de tradition dans les régions productrices, de fêter la récolte comme il se doit, en dégustant d’importants hectolitres de bières. Ce sont les fêtes d’octobre. Il est à remarquer cependant que certains champs de houblons ne sont pas toujours cueillis fin septembre, mais uniquement parce que les certains plants ont eu des fleurs tardives. On comparera à une vendange tardive pour les raisins.
La plus symbolique des fêtes est celle se déroulant à Munich en Allemagne, où chaque année des records d’assistance tournant autour de 7.000.000 de visiteurs consomment près de 10 millions de litres de bières .
Son équivalent en Belgique s’est déroulé durant les années 1950 jusqu’en 1986 à Wieze. Elle était organisée à l’initiative de la Brasserie Van Roy située dans la région d’Alost. C’est au lancement de sa pils, que le brasseur organisa ses fêtes, qui bien que n’affichant pas les mêmes statistiques que Munich, mais attirèrent toutefois plusieurs milliers de personnes pour déguster près d’un million de litres.
Aujourd’hui, cette tradition d’octobre se développe un peu partout en Belgique, des 2 côtés de la frontière linguistique. C’est aussi le symbole prouvant que la Belgique reste un pays uni et se montre fière de ses bières. Celles-ci sont présentes dans le quotidien du Belge quelques soient les raisons. Elle vient d’être reconnue par l’UNESCO comme « Patrimoine immatériel ».
Cependant même si la bière coule à flots en octobre, ce mois n’est pas non plus nécessairement propice pour les nouveautés car les brassages à base du nouveau houblon doivent encore être effectués et les bières ont une période de garde à subir.

 


MONSIEUR MOUCHE UNE BIÈRE QUI VA FAIRE MOUSSE !

Et pourtant, des nouvelles bières voient le jour tout au long de l‘année. La nouvelle petite brasserie des « Eaux Vives » dont nous avions évoqué la « Mam’Zelle Bibiche » le mois dernier, bière à la robe blonde, sort maintenant une nouvelle production baptisée « MONSIEUR MOUCHE » (8,5%). Elle se présente sous un coloris pourpre et dotée d’une saveur très complexe mais très vite attachante. Le brasseur n’hésite pas à informer que sa recette contient certaines épices, ce qui est loin d’être un préjugé par de nombreux jeunes brasseurs. En l’occurrence dans ce cas-ci, cette bière en hommage au nom de famille de l’associé du brasseur, est à être prise tout de suite très au sérieux. Sous un nez apparemment modeste, se développe une saveur immédiatement forte de caractère et de variations par paliers. La mise en évidence d’une amertume n’est pas à l’ordre du jour, malgré la sensation d’une tendance corsée et fumée par de l’écorce de bois. Les malts utilisés y compris le froment qui participe à sa recette, me rappellent quelque part une chicorée douce que l’on retrouve dans certains vins rouges de caractère et d’âge moyen. Sa conclusion ouvre toutes les avances, que ce soit le caractère d’un raisin sec non sucré voire saupoudré de noix de muscade camouflant ainsi de la coriandre. Cela reste du domaine de mon palais, retenu par le piquant en fond de langue annonçant la longue conclusion d’une bière très réussie qui se propose tout de suite comme un brassin à prendre très sérieux pouvant aboutir aux rayons des grandes nouvelles bières classiques. De fermentation haute et non filtrée, elle devrait encore bonifier avec quelques semaines de cave. Une bière qui devrait faire bien vite mousse dans son verre !


LEADER MARTIN’S IPA 55 ! (vol. alc. 6,5%)

On l’avait déjà goûté en mai dernier, mais un problème mécanique l’avait contraint à reporter sa sortie. Cette fois, la production va pouvoir suivre la demande, car elle va très être importante quand on va la comparer à d’autres bières de ce type, il n’y aura certainement pas photo. Cette véritable pépite de saveurs amères, se conjugue avec les 3 merveilles de ce qu’une IPA offre de mieux. Visuellement, sa robe dorée surmontée d’une mousse blanche généreuse soutenue d’un perlé convaincant, ouvre l’envie de l’aborder en confiance. Déjà qu’elle appâte fraîchement le nez par des arômes agrumes combinés aux  fleurs houblonnées. Sa saveur amère s’étend de façon élégante mais tout de suite affirmée au palais. Elle justifie son statut de bière de caractère sans aucune agression. Bien au contraire même, son amertume est le résultat de sa liaison avec 5 des meilleurs houblons au monde, comme le Kent Golding, le Polaris ou l’Extra Styrian Dana, mais surtout pour ces 2 derniers, le Cascade et le Citra lors de sa phase de houblonnage à froid (dry hopping). Elle affiche un 55 IBU sur l’échelle des amertumes, mais conforte cette position élevée comme une bière de référence dans cette catégorie. Elle symbolise véritablement ce que doit être le goût d’une véritable bière dans sa plus savoureuse réalité. Un must !


LA TONGERLO SE RÉHABILLE !

En y ajoutant, la version « Christmas » (7%), les « Tongerlo » forment un quatuor, la « Blonde » (6%), la « Brune » (6,5%), et la « Prior » (9%). Outre un nouvel habillage des étiquettes, ce sont aussi les appellations qui se sont vues subir une nouvelle dénomination, du moins pour 3 d’entre elles. En effet, la version blonde a été baptisée « LUX » en référence à la clarté de la lumière, « NOX », la nuit en latin, évoquant logiquement la version foncée, et « PAX » pour la Christmas faisant ainsi référence à l’adage « Paix aux hommes de bonne volonté ! ». Fort heureusement leurs saveurs ne changent pas quoique ce nouvel habillage semble leur apporter plus de caractère principalement dans leur phase de conclusion. Il se pourrait que ce ne soit qu’un effet psychologie, mais néanmoins, ce relookage leur donne une meilleure visibilité, comme l’étiquette est plus pure et nettement plus simple qu’initialement. Raison supplémentaire dans cette impression, émane aussi de l’effet que procure le nouveau verre, dorénavant moins rigide sur ses parois et plus élargi au buvant mais toujours sur pied. Les bières y semblent aussi plus brillantes et appellent à une dégustation plus approfondie, attirant son consommateur à plus d’attention au nez, à la brillance et au perlé. Ces  ‘nouvelles’ Tongerlo se mettent progressivement déjà en vitrine  afin que la mise en place soit complète au moment des fêtes de fin d’année.

 


LINDEMANS TROISIÈME : 3ème ÉDITION AVEC LA GINGERGUEUZE.

Après le succès de 2 précédentes éditions des versions « Botanical Lambics », la brasserie Lindemans, propose cette fois une nouvelle version de l’assemblage de ses lambics. C’est le gingembre qui sera pour l’année 2017, le partenaire de cette union. Il s’agit d’un coupage de lambics âgés de 1 à 3 ans, mûris dans des foudres de chêne et enrichis avec du gingembre thaïlandais frais. Sa robe est proche de sa version simple et traditionnelle, toutefois il est bien compréhensible qu’avec l’additif de son ingrédient supplémentaire, sa saveur soit différente. Elle s’équilibre entre la fraîcheur et acidulé du lambic mais dont l’arôme est assez prononcé de citron en raison de la présence du gingembre thaïlandais. Ses tons savoureux sont ainsi favorisés par des éléments libérant diverses  acidités, l’une plutôt âcre et l’autre fruitée. Elle s’invite ainsi naturellement au timing des apéritifs, éveillant un féroce appétit, tout comme se montrant un digestif très efficace.
Cette version dont la production est limitée, n’est disponible qu’en version 75cl dans des bouteilles sérigraphiées mais définissant leur année uniquement au coloris des impressions fournies sur l’écriture de celles-ci. Disponible en Belgique, elle y aura aussi, et c’est bien compréhensible, un important quota réservé aux pays asiatiques.


LA BIBLE INCONTESTABLE DES BIÈRES ET BRASSERIES DE WALLONIE.

Il est évident que les 2 auteurs, Jean-Luc Bodeux et Thomas Costenoble, de ce magnifique tout autant que nécessaire ouvrage, arrive à point nommé. Tout le monde se rend compte, que la bière en Belgique répond à une demande de plus en plus importante. Elle répond aussi au consommateur, à un besoin d’identité comme à la recherche d’un petit patrimoine trop peu souvent mentionné. L’apparition des micros brasseries n’en est que la plus juste des constatations. Nombreuses sont les bières du terroir à nous avoir appris beaucoup sur une région, son folklore, ses personnages, sa petite Histoire, ses dialectes, et j’en passe encore et pas des moindres.
Ce phénomène a aussi engendré le développement économique d’un secteur qui se languissait, débouchant ainsi directement sur la création d’une multitude de nouveaux emplois.
La Wallonie compte 110 brasseries en activité auxquelles il faut encore ajouter celles qui se qualifient injustement de brasseur car en réalité leurs bières sont brassées ailleurs. Les auteurs, Jean-Luc Bodeux et Thomas Costenoble, sont de parfaits connaisseurs en matière brassicoles, le premier nommé n’en étant pas à son coup d’essai au travers de plusieurs ouvrages ainsi que ses articles dans le quotidien belge, « Le Soir », tandis que le deuxième, bien qu’émanant du monde vinicole, est à l’initiative du concours international des bières avec la mise sur pied depuis 2012 du « Brussels Beer Challenge » un concours figurant aujourd’hui au rang des références auprès des brasseurs du monde entier.
Les 2 lascars se sont partagés les tâches, l’un explorant les provinces de Liège, Namur et Luxembourg, l’autre parcourant sans relâche le Hainaut ainsi que la Brabant Wallon. Le photographe quant à lui, Noé David, assura toutes les photos bien nécessaires pour un ouvrage parfaitement documenté. La matière était tellement abondante, qu’il a fallu que l’éditeur, Weyrich Édition, propose le résultat en 2 tomes.
Une fois plongé dans la lecture de ces livres, on ne peut que difficilement en ressortir car de A à Z, vous saurez absolument tout de ces sacrés brasseurs, dotés d’une imagination débordante au travers de recettes parfois étonnantes qui vous mettront ….la bière à la bouche.
Un chef d’œuvre que nul ne peut se permettre de ne pas acheter tant il est riche et complet sur tout ce que vous devez savoir sur ces trésors brassicoles et l’Histoire qui les accompagnent.
Il est fort probable que très prochainement les livres sortiront aussi en version néerlandaise et anglaise.


NOUVEL EMBALLAGE DES BIÈRES DE LA BRASSERIE DE SILLY.

Comme vous et moi, à la veille de l’hiver, on renouvelle quelque peu notre garde-robe en vue des grands froids qui s’annoncent durant cette rude saison. C’est un peu pareil avec les brasseurs, qui en profitent pour requinquer l’habillage de leurs bouteilles. La brasserie Haacht y a même été de façon spectaculaire. Du côté de Silly, la famille Vanderhaegen a opté pour un nouveau look sur l’ensemble de sa gamme. La note générale du style est plus modeste en design mais il en ressort plus de netteté quant aux renseignements qui sont mentionnées à l’étiquette. Ce nouveau costume aura aussi l’avantage d’être toute saison, permettant à la clientèle, une familiarisation plus aisée surtout dans la gamme des « Silly » Rouge, Sour, Blanche, Divine, Saison, Scotch, Pils, Bio Pils et Super 64. La Triple Swaf (8%) devrait même attirer un peu plus d’attention, rappelant par cette nouvelle étiquette, les bières fortes de nos grands-parents.